Cinemateur : cinéma La Grenette à Bourg-en-Bresse, salle Art et essai. Film.

No

a été projeté du 06/03/2013 au 19/03/2013

Ce film a fait 757 entrées.


Affiche du film

de Pablo Larrain
avec Alfredo Castro, Antonia Zegers, Gael Garcia Bernal...

Fiction | Chili | 2012 | 1h55 | VO
Sortie : 06 mars 2013

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Chronique Cinémateur sur Tropiques FM

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Fiche du film (pdf - 212.52 Ko)

Résumé

Chili, 1988. Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale, consent à organiser un référendum sur sa présidence, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur campagne. Avec peu de moyens mais des méthodes innovantes, Saavedra et son équipe construisent un plan audacieux pour libérer le pays de l’oppression, malgré la surveillance constante des hommes de Pinochet.

Critiques

LE MONDE - S'il est déjà venu à la Quinzaine des réalisateurs, en 2008, avec Tony Manero, s'il a connu les honneurs de la compétition vénitienne avec Santiago 73, postmortem, en 2010, Pablo Larrain n'a sans doute jamais reçu pour aucun de ses films un accueil si triomphal. Dès le lancement du générique, les applaudissements se sont déchaînés dans la salle, et ont duré, duré, duré.
Derrière ce titre sec, No, qui signifie simplement "non", ce Chilien de 36 ans signe un film galvanisant, en surface du moins, sur le renversement en 1988, à l'issue d'un plébiscite, du régime d'Augusto Pinochet. Sous la surface, c'est autre chose. Troisième volet d'une trilogie sur la dictature chilienne, No n'est pas moins noir, pas moins dérangeant que les deux précédents. Notamment parce que, au-delà de sa spécificité historique, le sujet qu'il aborde semblera familier à quiconque a suivi, n'importe où sur terre, et en France à n'en pas douter, une campagne électorale médiatisée.

GRAND ECART - Ce film historique au contexte douloureux va pourtant être le théâtre d’une véritable ode à la joie, par le biais d’une campagne follement audacieuse. Qui ne sera pas fondée sur les dénonciations des actes odieux et inhumains du régime, mais sur des spots mielleux et rose bonbon vendant aux électeurs tout simplement une vie meilleure, un billet d’entrée dans le monde des Bisounours. Tout cela au rythme de “La Joie arrive enfin !”, chanson-slogan digne d’une pub de la famille Ricoré. De quoi bien rire aujourd’hui de ce kitsch estampillé années 1980.Et le casting est impeccable, Gael Garcia Bernal en tête, formidable. Mais on peut aussi saluer Alfredo Castro en publicitaire arriviste, dénué de talent mais entièrement dévoué à la dictature. L’ironie mordante dont ils font preuve dans leurs affrontements fait souvent mouche. Et on rit beaucoup. Pourtant la toile de fond est loin d’être drôle. La tension est palpable dans quelques scènes de surveillance rapprochée de ceux qui mènent la campagne du non. On se demande souvent quand on va basculer dans le drame. Le ton reste pourtant léger, si l’on peut dire, même si le regard du réalisateur est, à l’occasion d’une pirouette finale, sans illusion et chargé d’amertume sur la société capitaliste qui va se mettre en place après la chute de Pinochet.

 

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