Drame | belge, guatémaltèque, française | 2019 | 1h18 | VO
de Cesar Diaz
avec Armando Espitia, Emma Dib, Aurelia Caal
Distributeur : Pyramide Distribution
Sortie : 11/06/2020

Nuestras madres

Ce film a été projeté du 01/07/2020 au 07/07/2020 et a fait 43 entrées

  • Prix SACD Semaine Internationale de la Critique Cannes 2019 - Caméra d'Or Cannes 2019

Résumé

Guatemala, 2018. Le pays vit au rythme du procès des militaires à l’origine de la guerre civile. Les témoignages des victimes s’enchaînent. Ernesto, jeune anthropologue à la Fondation médico-légale, travaille à l’identification des disparus. Un jour, à travers le récit d’une vieille femme, il croit déceler une piste qui lui permettra de retrouver la trace de son père, guérillero disparu pendant la guerre. Contre l’avis de sa mère, il plonge à corps perdu dans le dossier, à la recherche de la vérité et de la résilience.

Dossier de presse

Bande annonce

Critiques

Diaz use d’une mise en scène sobre et retenue adaptée à l’intensité dramatique d’un travail mémoriel vital. Sur un trauma collectif, la quête à portée nationale se décline in fine en recherche intime pour Ernesto, fils d’un desaparecido (personne victime de disparition forcée). La narration de Nuestras madres se pare possiblement d’un caractère autobiographique notamment en regard de la mère d’Ernesto incarnée à l’écran par l’actrice mexicaine Emma Dib. Le titre du film renvoie d’ailleurs à toutes les mères guatémaltèques amérindiennes, témoins des exactions d’alors et seules véritables gardiennes de la mémoire nationale. Les villageoises apparaissant dans le métrage ont vécu des situations similaires à celles reconstituées.

En toile de fond de Nuestras madres apparaissent les procès militaires. Un quart de siècle après la fin de la dictature, ils sont toujours en cours dans un pays en reconstruction. Diaz métaphorise cet état des lieux en ouvrant et refermant son film par une scène de reconstitution d’un squelette, os par os. C’est le squelette d’une des nombreuses victimes ensevelies dans des fosses communes pour enfouir la souvenance d’un crime de masse. Un squelette porteur d’une identité à exhumer comme celle d’une filiation paternelle perdue. Le Guatemala doit se doter d’une identité nationale forte, liant indispensable à une population multiculturelle. Pour la jeune génération guatémaltèque, la reconstitution s’effectuera par la recherche d’origines assurément meurtries et parfois enfouies dans des ossuaires.